Quand vous mettez une maison en vente, une question arrive très vite : où sera-t-elle diffusée ? Leboncoin, SeLoger, les portails, les réseaux sociaux. Tout cela reste important. Mais une autre question commence à compter, et personne ne vous la pose encore : si un acheteur demande à une IA de lui trouver une maison, est-ce que la vôtre sort ?

Un acheteur peut aujourd'hui écrire à une IA : « Trouve-moi une maison 4 chambres à Genas ». Il n'ouvre plus forcément un portail.
J'ai fait ce test avec une maison que j'ai à la vente. Sur cette recherche, elle ne ressortait pas.
J'ai cherché à comprendre pourquoi. Et la réponse n'était pas dans les IA. Elle était dans mon annonce. Certaines informations, le nombre de chambres en premier, n'étaient pas décrites de façon assez claire, ni de la même façon partout. Les IA n'ont pas mal lu : elles ont lu ce que je leur donnais.
C'est le même enseignement que dans la chronique #13 : une IA ne connaît pas votre maison, elle connaît le récit qu'on lui en fait. Là, le récit, c'était mon annonce.
Dans la chronique #14, je demandais « 140 m² de quoi ? ». Pour les chambres, la question est la même. Une pièce peut être une chambre aujourd'hui, un bureau demain, ou une grande pièce qu'on cloisonnera. Un acheteur humain regarde le plan, une IA compte un chiffre.
Une annonce qui dit simplement « 4 chambres » est donc lue de façon différente selon celui qui la lit. Ce que je fais maintenant : je dis ce qu'est chaque pièce, et je le dis à l'identique partout.
Je ne rajoute jamais à une annonce un critère que la maison n'a pas. Faire entrer un bien dans une recherche qui n'est pas la sienne produit une visite ratée, et une annonce que les IA finiront par contredire.
Sur les recherches larges, les IA s'appuient beaucoup sur les portails. Cela veut dire deux choses :
La diffusion n'a donc pas disparu. Elle ne répond plus qu'à la moitié de la question.
À chaque rapport que j'envoie à un propriétaire dans La vente Au carré, je fais maintenant deux vérifications.
1. La visibilité. Je pose aux IA les questions qu'un acheteur pourrait réellement poser pour ce bien : le type de maison, la commune, le critère qui compte (le nombre de chambres, le DPE, le garage). Je regarde si la maison ressort. Je pose la question plusieurs fois, parce que la réponse d'une IA change d'une fois à l'autre.
2. La lecture. Je donne l'annonce à l'IA et je lui demande ce qu'elle en pense. Je regarde si elle comprend correctement le prix, la surface, les chambres, le DPE, les points forts, et les objections qu'elle soulève.
Je ne promets pas au propriétaire que sa maison arrivera en tête d'une réponse d'IA. Ce serait impossible à tenir. Ce que je lui garantis, c'est de vérifier qu'elle n'est pas absente ou mal comprise à cause de son annonce, et de corriger ce qui peut l'être.
Si le bien ressort mal, je corrige dans cet ordre : la fiche d'abord, puis la cohérence entre mon site et les portails, et le prix en dernier.
Dans mes annonces, je donne clairement les informations un peu moins séduisantes du bien : un vis-à-vis, une rue passante, un terrain petit.
Sur cette maison, une IA a relevé ces « Bon à savoir » comme des points positifs de l'annonce. Une annonce qui dit tout est jugée plus fiable, par une IA comme par un acheteur. Je ne retire donc jamais un « Bon à savoir » pour adoucir un verdict.
Si votre bien ne se vend pas malgré une bonne diffusion, d'autres causes sont à regarder.
« Bien rare. » « Coup de cœur assuré. » « À visiter rapidement. » « Belles prestations. »
Ces phrases ne disent rien à une IA qui cherche à savoir si une maison répond à une demande précise. Elles ne disent pas non plus grand-chose à un acheteur.
Ce qui sert : des caractéristiques précises, cohérentes, structurées. Le nombre de chambres et ce qu'elles sont. La surface habitable, annoncée séparément du garage. Le DPE. Ce qui est à refaire.
Je n'ai pas mesuré que les formules creuses « pénalisent » une annonce. Je constate seulement qu'elles n'apportent aucune information à celui qui doit décider si le bien correspond, et que les caractéristiques factuelles, elles, en apportent.
Alors, c'est peut-être une très bonne nouvelle. Si l'intelligence artificielle finit par faire disparaître « à visiter rapidement ! » des annonces immobilières, elle aura déjà servi à quelque chose.
Pensez-y quand vous rédigerez votre annonce.
L'épisode précédent est ici : Cette semaine à Genas #15.
Oui, si elle correspond à la recherche et si elle est lue correctement. Une IA s'appuie sur les portails et sur le site de l'agence. Si le nombre de chambres, la surface ou le DPE sont décrits différemment d'un endroit à l'autre, l'annonce peut être absente de la réponse ou mal comprise.
Être diffusé ne suffit pas. Une IA doit comprendre que le bien répond à la demande. Une information ambiguë, par exemple un nombre de chambres, peut suffire à l'écarter d'une recherche 4 chambres. La cause se trouve souvent dans l'annonce elle-même, pas dans l'IA.
Le nombre de chambres que le bien a réellement, avec ce qu'est chaque pièce : chambre aménagée, bureau, pièce à cloisonner. Annoncer un chiffre sans le préciser expose à une visite ratée, et à une annonce qu'une IA finira par contredire.
Il faut surtout écrire des informations précises et identiques partout. Les formules comme « bien rare » ou « coup de cœur assuré » n'apportent aucune information exploitable. Les caractéristiques factuelles et les points d'attention donnés clairement sont plus utiles, pour une IA comme pour un acheteur.
Non. Une même question posée deux fois à la même IA ne donne pas toujours la même réponse. On peut vérifier qu'une annonce est lue correctement et corriger ce qui peut l'être. On ne peut pas promettre un rang dans la réponse d'une IA.
La mise Au carré est une analyse complète avant toute mise en vente : positionnement de prix, arbitrage travaux, points bloquants, stratégie de présentation. Une heure chez vous, sans engagement, quel que soit l'horizon de votre projet.